Lorsque vous faites l'acquisition d'un nouvel oiseau, celui-ci est souvent accompagné d'un certificat de sexage précisant son sexe.

Il y a deux méthodes permettant d'effectuer le sexage;

1. soit un test d'ADN effectué sur une plume vivante arrachée à l'oiseau.  Le terme "vivante" signifie que la plume contient du sang frais dans la penne contrairement à une plume "morte" que l'on retrouve lors de la mue et qui elle ne contient plus de sang frais. Quelques plumes sont donc arrachées à l'oiseau, généralement au niveau du ventre de manière à ne pas abimer le plumage "visible".  Ces plumes sont immédiatement emballées dans un petit sac en plastique sur lequel sera indiqué le type d'oiseau ainsi que son numéro de bague.  Si l'oiseau n'est pas bagué, une bague ouverte est recommandée de manière à ne pas créer de confusion si plusieurs oiseaux sont à sexer.  Pour le cas où un seul oiseau non bagué serait à sexer la bague ouverte n'est alors pas nécessaire et seuls le nom de l'oiseau ainsi que son espèce seront alors indiqués sur le sac.  Une précaution importante lors de cette opération est de ne pas toucher la penne, là où sera préélevé le sang servant à l'analyse.

2. La seconde méthode permettant de sexer un oiseau est la scopie.  Cette méthode consiste à introduire une sonde au bout de laquelle se trouve une petite caméra.  dans l'abdomen de l'oiseau visualisant ainsi les voies reproductrices.  Cette méthode n'est pas plus fiable que le test ADN mais à l'avantage de visualiser l'état des voies reproductrices de l'oiseau et de déterminer si l'oiseau est déjà en âge de reproduire.  Cette opération se fait sous anesthésie générale.

Procédé du sexage par scopie :

L'installation servant à l'anesthésie se compose d'une bombonne d'oxygène, d'une bombonne de gaz anesthésiant, l'isoflurane, munie d'un système permettant de doser le gaz.  Pour l'induction de l'anesthésie, la quantité de gaz est réglée sur 5 et dès que l'oiseau se relâche celle-ci est alors immédiatement réduite à 2 de manière à ne pas tuer l'oiseau.  Le mélange gaz - oxygène permet à l'oiseau d'être endormi sans aucun danger.

L'ensemble est relié à un tuyau flexible adapté à un récipient en fome de cloche bordé d'une membrane trouée en son centre par où le vétérinaire introduira la tête de l'oiseau au moment de l'anesthésie.  Il y a différents formats de cloches en fonction du type d'oiseau à anesthésier; ainsi pour les aras de grande taille une grande cloche sera utilisée tandis que pour une petite perruche ondulée on aura recours à une toute petite cloche.

anesth_sieanesth_sie_2










Le vétérinaire attrape l'oiseau généralement avec un essuie et lui immobilise la tête entre le pouce et l'index.  De cette manière il peut placer la tête de l'oiseau et simultanément induire l'anesthésie par une pression de gaz réglée sur 5.  Lorsque l'oiseau se détend, soit à peine quelques secondes plus tard la pression du gaz est immédiatement réduite à 2 et sera maintenue à ce niveau durant toute l'intervention qui dure à peine entre 3 et 4 minutes.  Si l'oiseau commence à se débattre, signe d'un réveil imminent, la pression du gaz est alors légèrement augmentée durant une ou deux seconde puis remise à 2.

anesth_sie_3

Une fois l'oiseau anesthésié, l'opération commence par la mise à nu d'une petite zone d'à peine 5 mm par où sera intrduite la petite sonde caméra.

anesth_sie_4

Après désinfection le vétérinaire effectue alors une toute petite ouverture d'à peine 2 mm à l'aide de ciseaux puis introduit la sonde au bout de laquelle se trouve la caméra munie d'une lumière permettant de mettre ainsi en évidence le sexe de l'oiseau. 

anesth_sie_5

Chez le mâle on voit nettement un petit conduit allongé tandis que chez la femelle on distingue une forme arrondie, l'ovaire.  Chez une femelle sexuellement mature on distingue en plus à l'intérieur de l'ovaire une grappe constituée de petites boules, les ovules qui plus tard donneront les oeufs.  Contrairement à la femme qui elle produit un ovule tous les mois, la femelle oiseau produit une quantité assez importante d'ovules une seule fois dans sa vie, au moment de la maturation sexuelle et elle n'en produira plus aucun après.  A chaque reproduction, un nombre variable d'une espèce à l'autre et d'une femelle à l'autre subira une évolution l'amenant à l'oeuf que la femelle pond généralement tous les deux jours.

Le vétérinaire remplit simultanément un formulaire de sexage reprenant le n° de bague de l'oiseau, son espèce et y indique le sexe observé.

Une fois l'opération terminée, le vétérinaire retire la sonde et referme la petite blessure à l'aide d'une colle cicatrisante.

Cette opération aura duré à peine 3 minutes après quoi l'oiseau se réveille quasi instantanément.  Un peu titubant durant les premières minutes il est bien vite remis sur pattes sans même se rendre compte de l'opération qu'il vient de subir.

Pour cette intervention l'oiseau doit être à jeun depuis trois heures et peut manger et boire une heure après.

Durant l'anesthésie le vétérinaire peut aussi effectuer un prélèvement sanguin qui servira aux tests comme la PDD ou la PBFD, maladies touchant principalement les perroquets, très contagieuses et malheureusement mortelles une fois déclarée.  Ce prélèvement s'effectue généralement au niveau du cou mais, comme ce fut le cas pour un de mes 4 perroquets, en cas de difficulté due au gabari de la veine on en utilisera une autre située sur la face interne de l'aile.  Le sang une fois préélevé sera alors réparti dans de petites flapules immédiatement marquées au nom de l'oiseau et n° de bague puis envoyé vers des laboratoires spécialisés en analyses de ces maladies.  Pour la PDD mon vétérinaire les envoie en Hollande tandis que pour la PBFD ils sont envoyés en Allemagne.  Les résultats sont communiqués d'une part par mail au vétérinaire qui transmet le message directement au propriétaire de l'oiseau et d'autre part par un certificat envoyé lui par voie postale.directement au propriétaire.

prise_de_sang


Je remercie le Docteur Van Den Wouwer, vétérinaire aviaire pour sa gentillesse et sa compétence lors de ma consultation, pour ses explications très complètes ainsi que pour son accord de me laisser photographier les différentes phases de l'intervention sur mes oiseaux.afin de vous en faire profiter.