Comme pour beaucoup de mes oiseaux, rien ne laissait présager que j'aurais un jour parmi ma population ailée une perruche à collier; mais quand le hasard s'en mêle beaucoup de choses arrivent tout à fait à l'improviste.  C'est ce qui s'est passé chez moi alors que je parcourais tout à fait par curiosité la rubrique "à céder".

Mon attention fut mise en éveil par un titre qui m'a directement interpellée et qui disait "perruche à collier à adopter".  Je lus le texte de l'annonce qui m'émus.  En effet il y était question d'une petite perruche à collier répondant au nom de Lotti; cette petite femelle alors âgée d'une quinzaine d'années avait apartenu à une dame âgée qui était malheureusement décédée.  A l'époque Lotti aurait vécu avec un mâle qu'elle aurait tué.  Suite à cela, la fille unique de la défunte ne voulut pas la recueillir si bien que Lotti se retrouva chez un couple de braves gens qui en prirent compassion.  Lotti était tombée littéralement amoureuse du monsieur qu'elle ne quittait jamais dès qu'elle était en liberté ce qui représentait 75 % de la journée.  La dame par contre, bien qu'aimant beaucoup Lotti ne pouvait approcher de la cage sans risquer de se faire mordre. 

Cette amitié dura approximativement deux ans après quoi le monsieur développa malheureusement une grosse insuffisance respiratoire qui les obligea à céder leur petite protégée.  Et c'est ainsi que je découvris donc l'annonce et que, poussée par je ne sais quel élément, je décidai de me proposer pour recueillir l'oiseau.

Commença alors une véritable interrogatoire digne d'une entrevue auprès d'un recruteur pour une offre d'emploi unique.  Durant une dizaine de jours la dame me posa beaucoup de questions auxquelles je répondis très honnêtement suivant mes convictions relatives à ma passion et mon amour pour les oiseaux.  Et c'est ainsi que je me retrouvai un jour chez ces braves personnes afin de faire connaissance de Lotti.

Elle était dans sa cage fermée et nous regardait à tour de rôle son maître et moi, comme si elle sentait que quelque chose se préparait mais sans savoir quoi. 

Ne répondant qu'à mon instinct, j'approchai tout naturellement la main de la cage et à travers ses barreaux j'eus le privillège de pouvoir caresser la belle derrière la tête.

Le couple fut directement convaincu que c'était chez moi que viendrait leur petit trésor;  je parlai encore une bonne heure avec eux durant laquelle nous échangeâmes beaucoup d'anecdotes se rapportant tout naturellement aux oiseaux - car le couple avait encore deux petites calopsittes qu'ils adoraient également.  Arrivé le moment de mon départ, j'avais vraiment le coeur gros et jamais un trajet ne fut pour moi si triste que celui que je fis avec Lotti, ayant le sentiment d'avoir poignardé son maître en plein coeur, impression qui convient on ne peut mieux à la mine triste de ce pauvre homme âgé disant au revoir à ce qu'il considérait comme son enfant. 

Le couple, pour éviter d'accroître un stress à leur oiseau avaient tenu à me donner cage, jeux, gamelles et abreuvoirs de Lotti.  Tout était dans un état impeccable.

Lorsque j'arrivai à la maison, j'installai donc la cage sur un meuble que j'avais prévu à cet effet;  Lotti était relativement calme bien qu'ayant une attitude tout à fait différente de celle qu'elle avait chez ses anciens maîtres.  En effet, elle penchait sa tête tout en vous fixant avec un regard à vous donner des frissons dans le dos.  Simultanément elle levait une patte et tendait ses doigts comme si elle vous faisait un doigt d'honneur  en vous disant "t'approche pas où ton doigt est mort".

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Le lendemain de son arrivée je décidai de la sortir de sa cage; elle sortit et comme je voulais la carresser je me fis mordre à la main et j'en gardai les traces d'hématome durant une bonne quinzaine de jours.  Lotti m'avait donc bien fait comprendre qu'il fallait la laisser tranquille sans vouloir lui imposer quoi que ce soit.

Ce jour là et ceux qui suivirent je la laissai tranquille me limitant à m'approcher de temps en temps et à lui parler calmement.  Son comportement fut le même durant une bonne semaine puis un jour, à ma grande surprise Lotti qui se trouvait dans le fond de sa cage monta doucement vers la porte de celle-ci sans me lancer d'éclairs.  C'était la première fois depuis son arrivée qu'elle avait un comportement un tant soit peu civilisé.  Aussitôt je la félicitai en lui offrant une cacahuète qu'elle m'arracha presque des doigts découvrant ainsi le mot "doucement" que j'allais progressivement mais très souvent lui faire entendre.

Le lendemain, elle adopta la même attitude à mon approche et je décidai donc de lui ouvrir la porte de la cage.  Aussitôt fait, je m'assis à table pour prendre mon petit déjeûner sans plus y prendre attention.  Ce que je pensais se réalisa et c'est ainsi que ma Lotti se retrouva en moins de temps qu'il faut pour le dire sur mon épaule.  Je n'étais pas du tout rassurée et pour cause car à chaque fois que j'amorçais le moindrer mouvement de la tête je me ramassais une réaction agressive de l'oiseau qui tentait de me mordre à la joue.  Je décidai alors de l'amadouer en lui présentant un morceau de ma tartine - bien grand vous vous en doutez -  afin de ne pas me faire arracher au passage la moitié d'un ongle. Vous remarquerez d'ailleurs sur la photo ci-dessous que l'expression de ma figure se détend au fur et à mesure que le petit déjeûner avance; elle de son côté en est de même.

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Ce rituel du petit déjeûner partagé se poursuivit durant plusieurs jours.  Au fur et à mesure que le temps passait et que Lotti était de plus en plus délicate la grandeur du morceau tendu diminua, non pas pour lui donner moins mais pour le simple plaisir de la voir de plus en plus confiante à mon égard.

Lorsque Lotti avait assez mangé, elle me quittait aussi vite pour retourner sur sa cage.  A partir de cette habitude je lui appris à rentrer dans sa cage à la demande.  Il était bien entendu hors de question de la guider avec le doigt;  j'utilisais alors un simple tuteur en bambou et tout en lui disant "va dans la cage" (toujours le même ordre pour que l'oiseau en apprenne la signification) je la poussais délicatement vers l'entrée de la cage.  Dès qu'elle se déplaçait dans la bonne direction je la félicitait d'un "bien Lotti" et au moment où elle entrait dans sa cage je lui donnais immédiatement sa récompense préférée à savoir une cacahuète qu'elle décortiquait ardemment puis dégustait en le tenant d'une patte.

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Le temps passa et avec lui grandit la confiance de Lotti.  Petit à petit elle s'affranchit au point d'oser aller sur d'autres personnes que moi.

En même temps elle agrandit son champ de vol et découvrit ainsi la cuisine puis le salon préférant pour se poser des endroits en hauteur ce qui était loin d'être pratique lorsque je voulais la récupérer

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Lotti s'améliorait énormément mais n'acceptait aucunement le contact direct avec les mains ou les doigts.  Pour elle il n'était nullement question de caresses et si par malheur j'insistais elle se montrait agressive en reprenant sa position de défensive.

Un jour, elle se mit à crier et devint très bruyante alors qu'elle n'avait jamais eu de telle attitude.  J'ignore ce qui déclencha un tel comportement par contre je sais que ça nous dérangeait énormément si bien qu'un jour je pris sa cage, la sortit et la mit sur la table de la terrasse.  C'était le premier contact de Lotti avec l'extérieur.
 Je la laissai là sans m'en occuper et sitôt dehors, probablement se demandant où elle était, elle se tut.  Un peu plus tard je m'assis à côté de la table où elle se trouvait et lui parlait doucement mais dès que j'approchais la main elle se mettait directement sur la défensive. Je lui fis alors comprendre que ce comportement ne me convenait pas en lui disant "non" de manière douce; dès qu'elle radoucissait son attitude je lui disais "bien ma lotti".  Je fis cela durant plusieurs jours et petit à petit je pus approcher mon doigt de la cage et un jour je réussis enfin à lui frôler la tête.  Au premier contact elle se rétracta et aussi vite je lui dis ce "non" qu'elle comprenait maintenant très bien.  Lentement, à force de persévérance et de patience je pus enfin la carresser sans qu'elle ne réagisse. 

Petit à petit je poursuivis l'apprivoisement en tentant de la carresser sur la tête lorsqu'elle était sur mon épaule.  Le cheminement fut le même que pour les contact dans la cage pour en arriver à ce que Lotti accepte que je la touche.  De la tête je pus lui carresser le dos puis je remarquai que Lotti, dès que je la touchais redressais la tête en poussant de petits cris.  J'appris que cette attitude était en fait un comportement de plaisir sexuel, preuve qu'elle m'avait vraiment acceptée.  Je n'en demandais pas tant mais Lotti elle réagit de la sorte et je ne pus rien y changer et voilà comment sur à peu près trois mois je réussi à apprivoiser Lotti.

Depuis, au fil des jours notre attachement se poursuivit, toujours grandissant.  Lotti est vraiment une perruche à collier exceptionnelle qui m'a fait apprécier cette espèce d'oiseau.  J'ai continué à avoir des contacts avec ses propriétaires précédants à qui je donne régulièrement des nouvelles pour leur plus  grande joie.

Cela va faire 3 ans au mois d'octobre 2012 que Lotti fait partie de ma famille d'oiseaux;  En mai dernier, je l'ai installée dans une division de ma volière et lui ai présenté un petit mâle de mutation vert olive avec qui le courant est passé directement.  Ce petit mâle appelé Isis est une autre petite perruche que j'ai recueillie lorsque ses maîtres n'en voulurent plus.  J'ai dû l'apprivoiser mais tout fut un peu plus rapide et facile Lotti lui faisant comprendre par son attitude qu'il ne risquait rien auprès de moi.  De plus, Lotti étant devenue SA femelle il n'acceptait pas de me voir la carresser comme un autre mâle lui aurait fait des papouilles, chose tout à fait inacceptable pour lui. Il s'approchait alors de Lotti qu'il rappelait à l'ordre d'un coup de bec;  De même lorsque je m'approchais de Lotti il venait vers moi et se montrait menaçant.  Devant cette attitude je n'ai envie que de les respecter en m'effaçant et en les laissant vivre heureux tous les deux me limitant à faire autour d'eux uniquement lorsqu'ils sont éloignés l'un de l'autre.

Je terminerai cet article par une dernière note un peu particulière pour cette espèce réputée très bruyante car aucun de mes petites perruches à collier ne crie...Même Lotti a définitivement cessé de pousser son cri de grand sachem appelle petit papou.  Quant à Isis il va même jusqu'à parler, déclarant sa flamme à sa belle en lui disant "boujour", "ça va?" en tendant son petit cou vers elle, lorsque je m'approche un peu trop à son goût...Cette histoire est autentique mais malheureusement je n'ai jamais pu le filmer.

Lotti comme elle est maintenant avec moi

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Mes perruches à collier

Lotti et Isis

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Mon second couple, deux petites EPP

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Et depuis peu une cinquième petite perruche à collier est venue agrandir ma famille de colliers

Princesse, une petite perruche albinos que j'ai élevée à la main

et qui est vraiment très très amitieuse

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