Comme pour d'autres de mes oiseaux le Youyou du Sénégal ne faisait pas partie des oiseaux que je rêvais de posséder.  Je les trouvais beaux mais leur réputation d'oiseau exclusif et un brin caractériel ne m'attirait pas plus que ça.

Il ne faut jamais dire "Fontaine je ne boirai pas de ton eau".  Cette phrase que me répétait si souvent maman se révéla une fois de plus exacte; en effet, alors que je n'y avais jamais pensé auparavant, l'idée d'élever à la main et d'apprivoiser des petits youyous me traversa l'esprit.  A partir de ce moment, je me mis à regarder les annonces de revente de couples de youyous et c'est ainsi que je fis la connaissance de Daniel, un éleveur qui possédait un couple de youyous qu'il souhaitait revendre pour se consacrer à d'autres espèces d'oiseaux.  Je lui repris donc son couple que j'installai dans mon abri de jardin. 

C'était des oiseaux très sauvages et très craintifs aussi mis à part pour les nourrir et abreuver je ne m'en occupais pas.

Je leur avais mis un nid dans lequel je les retrouvais tout le temps ne les voyant même jamais en sortir. 

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Si je n'avais pas vu les écorces de graines autour de leur amangeoire j'aurais pu penser qu'ils ne se nourrissaient même pas. La femelle était toujours dans le fond du nid, prostrée, ne bougeant même pas lorsque je tentais de l'extirper du nid.  On aurait dit que cet oiseau était scotché à cet abri.  Le mâle quant à lui restait continuellement auprès d'elle.

Un jour je décidai de les changer de cage;  Je les installai dans une belle grande volière extérieure ce qui leur offrait nettement plus d'espace.  J'y avais placé de belles branches de saule tortueux si bien qu'ils avaient de quoi se dépenser de manière très agréable;  volontairement je n'avais pas disposé de nid.  Le couple pu y évoluer durant approximativement quinze jours après quoi, malheureusement j'en retrouvai un des deux mort dans le fond de la cage.  J'ignore ce qui a pu se passer et encore aujourd'hui je me pose la question de savoir si ce changement en est la cause ou si il s'agit d'autre chose.  Je n'aurai malheureusement jamais la réponse.

Je fus donc à dater de ce jour amenée à trouver une autre compagne à mon mâle et donc je retournai à mes annonces de revente d'oiseaux. Cette recherche dura assez longtemps car les annonces que je voyais ne me convenaient pas, soit par un prix trop élevé ou parceque l'aspect de l'oiseau ne me convenait pas.  La raison qui me retint surtout était que je ne connaissais pas le sexe de mon oiseau restant et donc je ne souhaitais pas acheter un oiseau de mauvais sexe.  Je décidai donc de remettre ce petit en volière collective, le temps que je le fasse sexer de manière à ne pas effectuer un achat inconsidéré.

quelques mois plus tard, le hasard...et oui c'est vraiment le hasard me permit de lire une annonce qui venait d'être placée à peine quelques minutes plus tôt.  Je ne sais pas encore aujourd'hui pourquoi j'ai répondu alors que j'avais pris la décision de ne pas prendre de youyou à ce moment.  Je contactai donc l'auteur de l'annonce et je découvris avec stupéfaction que cette personne était une dame à qui j'avais acheté mon couple de grands alexandres.  Bien qu'elle m'aie envoyé une réponse négative via l'annonce, je décidai de lui téléphoner et je pus discuter plus longuement avec elle.  Etant connue de cette personne, elle revint immédiatement sur sa décision, sachant que le petit youyou serait bien à la maison.  C'est donc ainsi que je me rendis  à Mons afin de voir si le courant passerait entre Bijou et moi. 

Bijour était dans une belle grande cage qu'il partageait avec un petit penant.  L'entente semblait parfaite à tel point que Bijou ne voulait pas sortir de son abri, un peu comme si il sentait que quelque chose se préparait.  Finalement au bout d'un moment assez long et usant de perspicacité, la dame réussit à le faire sortir mais, apeuré le petit alla se cogner contre le vitrage.  Je le récupérai aussitôt en lui parlant doucement afin de le rassurer et je me mis à le carresser.  Petit à petit il se calma . C'était un youyou très gentil qui ne mordait pas et ne cherchait même pas à le faire alors qu'il n'était pas rassuré lui-même aussi je décidai que vu son comportement c'est à la maison qu'il viendrait.  C'est donc ainsi que deux heures plus tard Bijou faisait son entrée par la grande porte.

Je le mis pour commencer dans mon bureau, dans une cage que je lui destinais le temps qu'il s'adapte à son changement de maison et qu'il se sente mieux à son aise.  Durant la journée, lorsque j'étais à la maison je le laissais en liberté et c'est donc à son aise qu'il put découvrir les premiers contacts avec deux petites calopsittes, une tribus de jeunes touis célestes que je nourrissais à la main mais qui étaient presque sevrés, un couple de petits touis aymaras et une petite catherine handicapée que j'avais recueillie sans oublier Aby, petite femelle kakariki dont je vous renvoi au chapitre sur ses particularités.

Bijou s'acclimata très bien;  lorsqu'il fut bien habitué à moi il était fréquent que je le prenne sur l'épaule et que je l'emmène passer une petite soirée devant la télévision, activité qu'il sembla vite affectionner. 

L'étape suivante fut les premiers contacts avec mes gris du Gabon avec qui tout se passa extraordinairement bien rapidement à tel point que je décidai de transférer Bijou dans leur volière.  Chacun y trouva sa petite place en parfaite harmonie si bien que je décidai de manière définitive qu'il n'irait dans aucun autre endroit.  Sa voliière est située dans la véranda que nous venons d'aménager, dans un endroit bien clair, bien aéré et surtout à proximité de moi en quasi permanence.

Bijou depuis a fait de nombreux progrés et montre de manière certaine qu'il a établi une confiance et une grande complicité envers moi.

Le moment que j'apprécie le plus est celui où je rentre dans la pièce le matin.  Bijou où qu'il soit dans la volière débarque à toute vitesse contre la porte de sa volière en disant un "bijou bijou" trè enthousiaste accompagné du buit des bisous qu'il m'envoie.  Tout trémoussant il n'attend que mon geste d'ouvrir la cage et là, en moins de tems qu'il faut pour le dire, il vient se poser sur mon épaule où il y resterait des heures si je le laissais.  Quelque soit mon activité dans la maison Bijou m'accompagne partout, toujours dans cette même position de proximité et lorsqu'est venu le moment de retourner en cage, petit filou le sent et va dès lors se placer dans mon dos, au plus bas qu'il sait espérant que à cette distance je n'arriverai pas à l'attrapper.

Bijou est on peut le dire un amour de youyou exceptionnel dans la mesure où jamais il ne mord;  au plus, lorsqu'il veut marquer son mécontentement ouvre-t-il le bec en émettant des grognements mais sans jamais resserer son étreinte de manière à faire mal. 

Je suis vraiment très contente d'avoir une fois de plus cédé en l'acceptant à la maison.

Bijou à ses débuts chez nous: juste sortir de la cage mais sans oser s'aventurer vers nous

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quelques temps plus tard, sur le lit de maman

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Partage de la gamelle avec Enza

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 Inspecteur des travaux finis ou quand Bijou regarde maman faire la vaisselle

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